Un peu d'histoire
Un peu d'histoire Malarce sur la Thines Sablières Sainte Marguerite Montselgues D'une commune à l'autre

 

Sur les traces des itinérances d’hier et d’aujourd’hui
quelques clefs pour comprendre les échanges : 


 

Les habitants des vallées de Sablières, Thines, Dompnac, montaient sur les hauteurs pour ramasser le foin.

Les paysans de Fourches faisaient les foins et le stockaient au lieu-dit La Grange, ceux du Mas, à la Borie de Bousquet.

Les éleveurs du Nogier montaient les bêtes aux granges de Rouveyrette, ce qui facilitait le ramassage des châtaignes du hameau.


Les estives des moutons de Fereyrolles se faisaient au Villaret. Les habitants de Fereyrolles ont acheté la ferme du Villaret en 1878.

Ils se sont partagés les terres et le bâtiment d’habitation mais ont conservé la bergerie en indivis pour l’estivage du troupeau de montons de Fereyrolles avec un berger loué à l’année.


 


La grande voie de communication dite Voie Romaine, bien qu’antérieure, était l’itinéraire de la grande transhumance et des muletiers. Ils montaient le vin et le sel de la vallée et redescendaient les céréales.

Les courtiers descendaient prévenir à l’avance du passage de la caravane, ils étaient les relais entre les muletiers et les clients. A Peyre, les muletiers faisaient une pause pendant que la descente, ou la remontée des marchandises vers les villages situés en contrebas se faisait à dos d’âne par les courtiers, faute de chemins adaptés. 
 

 

Le courrier arrivait, selon les époques des vallées de St Marguerite Lafigère, St Laurent les bains et Fereyrolles à Montselgues et était distribué par les facteurs lors de tournées vers Prévenchet, Petit-Paris et Montselgues.

 


Les habitants de Montselgues descendaient dans les vallées pour ramasser les châtaignes, ceux des vallées montaient pour le foin, ils ramassaient aussi des genêts pour le chauffage des fours.

Les habitants de Fereyrolles se rendaient à Montselgues pour la messe du dimanche et transportaient leurs légumes, donnant ainsi naissance au marché de Montselgues. Durant la montée et proche de leur but, ils cachaient leurs sabots sous les genêts pour arriver à Montselgues avec leurs belles chaussures !

 

Et les habitants des différents villages partaient vers 17 heures, en bande sur les chemins pour aller veiller dans le village voisin…..

Aujourd’hui, il n’y a presque plus d’estives, il y a peu de troupeaux qui sont sédentarisés et le foin est consommé sur place.La construction des routes à modifiée les déplacements.

 

Les habitants se déplacent plus facilement vers Les Vans ou Joyeuse ou encore Villefort. Heureusement les chemins sont toujours vivants, utilisés par les nombreux touristes : randonneurs, vététistes, cavaliers tous amoureux de nature, d’authenticité, de sport et de rencontres.

L’activité agricole existe toujours, comme en témoigne la castanéiculture à Sablières avec levage ou séchage en clède.

 


Le Saccol 
 


Les paysans transportaient les marchandises sur le dos : châtaignes, farine et céréales, le foin, le fumier, le raisin, les feuilles de mûrier pour les vers à soie, les pierres, le bois, la terre, la fougère pour la litière, l’eau, le lait …

A l’automne et au printemps, les pluies cévenoles emportaient la terre vers les vallées. Il fallait alors la remonter à dos d’homme. Ils utilisaient alors le saccol, sac rempli de paille, posé sur la nuque et les épaules. La  charge était ainsi mieux répartie.

Pour les charges plus lourdes, ils se groupaient par 4, 8, 12, ou plus, armés du saccol, portant des barres transversales attachées par des cordes à une grande barre, le nombre de couples attelés étant identique à l’avant et en arrière. Ce procédé est appelé l’emballage à la grande barre.   

Les pierres de l’Église de Thines ont été ainsi descendues de lÉchelette.

Les meules des moulins, faites de granit, étaient descendues dans la vallée. Elles étaient roulées grâce à une barre glissée dans le trou central.

En savoir plus : Voyage dans le Midi de l’Ardèche, 1884 A. MAZON

 

Les Gués

 Les cours d’eau pouvaient représenter d’importants obstacles pour les déplacements. De grosses pierres, les sautes, plantées dans le lit de la rivière constituaient un gué  permettant de traverser à pieds secs. Néanmoins durant les crues, certaines rivières pouvaient demeurer infranchissables.

 

 

Petit Paris et droit de péage
 

 Dès 1212 on trouve des écrits sur Paris. L’adjectif petit aurait été ajouté au XVII° ou au XIX° pour ne pas le confondre avec PARIS. En occitan, barri signifie rempart, faubourg. En latin, bar-barris signifie le rocher, le Petit Paris est en effet construit sur un rocher.

C’était un lieu de péage sur la voie romaine qui menait des plaines du sud du Massif Central,en effet un châtelain y percevait un droit de péage pour entretenir le chemin.

Les habitants de Petit Paris étaient des muletiers. Certains menaient jusqu’à 20 mulets portant chacun 180 kg dans les bats sur leur dos. Ils transportaient par tous temps du sel, du vin et d’autres denrées du sud vers le nord. Ils redescendaient du seigle, des lentilles, des pommes de terre…dans les vallées C’est vers la révolution que les charretiers,puis les voituriers ont remplacé les muletiers.


 

outres à vin

Peyre

 Dès le 15è siècle, l’auberge de Peyre était un relais muletier capital.
Située le long d’une importante voie de communication on pouvait y dénombrer jusqu’à plusieurs centaines de mulets avec leur précieux chargement : vin du Bas Vivarais par exemple, transporté dans des outres de peau.
La foire annuelle de Peyre avait lieu le 7 mai.

 

 

Châtaigne, Arbre à Pain et Clède

 

Après le ramassage et le tri, les châtaignes étaient  apportées à la clède pour y être séchées et blanchies. C’était une construction rudimentaire, bâtie en pierre sèche et recouverte de lauzes (dalles de pierre).

Les châtaignes étaient déposées sur un plancher ajouré au-dessous duquel un feu était entretenu et surveillé jour et nuit pendant un mois. Une fois sèches et encore chaudes, elles étaient décortiquées grâce à une masse garnie de pointes de bois ou de clous. Cette opération était appelée le pisage.

 

Puis  elles étaient passées au ventaïre, ventilateur mécanique permettant de séparer les fruits de l’écorce.

 

 

Les fruits se conservaient alors toute l’année, alimentant hommes et animaux.

Le châtaignier était appelé arbre à pain des Cévennes. Il était également utilisé pour la fabrication de meubles et d’outils, la construction et aussi comme bois de chauffage.

 

 

La Borne et ses Canaux

 


L’irrigation des terres arides et très pentues de la vallée de la Borne où la sécheresse sévit durant l’été était facilitée par l’apport d’eau de la rivière grâce aux canaux. Le rendement des cultures,  fruits, légumes et châtaignes, fut grandement amélioré.

Les propriétaires, regroupés en associations, ont construit ces canaux aux tracés surprenants. Accrochés à flanc de coteaux et constitués d’imposants murs de pierre, certains sont de véritables œuvres d’art. Au début du siècle, on en comptait une trentaine dans la vallée de la Borne, pour la plupart abandonnés suite aux départs des propriétaires. Dans la commune de Pied de Borne en Lozère, ils ont été modernisés en 1960, lors des aménagements liés à la production d’électricité hydraulique.

En ce qui concerne ceux de Sainte Marguerite Lafigère, les travaux de rénovation et de reconstruction de la « prise », emportée par la crue de 1981, ont été réalisés grâce à un emprunt et des subventions. Fonctionnant d’avril en octobre, ils irriguent les cultures des quelques paysans qui ont relancé la production du Marron de la Borne dit la Sardoune.

En savoir plus : fiche sentier du canal de la Viale, réalisé par le SIVU du Chassezac en partenariat avec le Parc National de Cévennes.

 

Les Boules de Gargantua
 la Vie du Granit
 

 

 Le magma est un liquide visqueux et très chaud (supérieur à 600° C). En remontant par les fissures de l’écorce terrestre, ce liquide se refroidit très lentement et les minéraux constitutifs du granit se forment : quartz, feldspath et mica.

Le granit est donc une roche magmatique qui se met en place dans les zones profondes de chaînes de montagnes lors de leur formation. Le granit n’est observable en surface que parce qu’au cours du temps, il y a eu érosion des roches le recouvrant.

Durant l’ère tertiaire, il régnait un climat tropical humide sur notre région favorisant l’érosion de la roche granitique. L’eau de pluie s’infiltre dans les fissures de la roche et commence à dissoudre ses composants : Les feldspaths se transforment peu à peu en argile, Les micas encore plus lentement, s’altèrent aussi en argile, Les cristaux de quartz résistent et sont isolés.

Les eaux de ruissellement et le vent emportent les éléments résultant de l’altération comme les argiles et les grains de quartz. Ceux-ci s’accumulent dans les terrains en creux et forment l’arène granitique. Au bout de quelque million d’années, l’altération du massif conduit à la formation d’un chaos. Il s’agit de gros blocs de granit empilés et isolés les uns des autres

 

 

Petit index toponymique

 

Accol  de l’Occitan, acol : mur de soutènement d’un terrain en pente, terrasse de culture

Adret  de l’Occitan, adreit/adrech : versant exposé au soleil

Bastide  de l’Occitan, bastida : fortification, maison fortifiée

Beal/bealière  de l’Occitan, besal/beal: canal d’irrigation secondaire, lieu de prise d’eau sur le canal principal

Borie  de l’Occitan boria : ferme

Bousquet/bosc/bouchet  de l’Occitan, bosc : bois

Calade  de l’Occitan, calada : rue ou chemin pavé

Clède  Occitan, petite bâtisse à un étage avec un plancher à claire-voie qui sert à sécher à l’étouffée les châtaignes par un feu ininterrompu pendant un mois, entretenu à l’étage inférieur.

Cévennes  de l’Occitan, cevena : mont, pente abrupte

Chambon de l’Occitan, chambon : courbe, méandre, champ dans la courbe d’une rivière, champ fertile

Clapas  de l’Occitan, clapas : amas de pierres terrain couvert de pierre

Draille  de l’Occitan, draia : sentier, chemin de transhumance

Fage  de l’Occitan faiet : bois de fayards (hêtres)

Faisse/faysse  de l’Occitan, faissa : bande de terre cultivée soutenue par un mur

Mas  de l’Occitan, mas : ferme, domaine

Montselgues : Monte Celico ou caelico : le mont céleste 

Peyre  de l’Occitan, pèira : pierre

Prataubérat  de l’Occitan, prat auberat : pré exposé à la gelée blanche, pré avec peupliers blancs

Serre  de l’Occitan, serre: colline, hauteur allongée

Suc/suchet/suquet  de l’Occitan, suc : sommet, petite hauteur arrondie

Tanargue : la montagne de Taranis (dieu gaulois)

                     La montagne du tonnerre (taranu = tonnerre en gaulois)

Ubac  de l’Occitan, ubac : versant exposé au nord et à l’ombre

 

 

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